Nature #3

Des papillons dans l’estomac

Tous les grands explorateurs ont ramené des spécimens végétaux et animaux de leurs voyages. Cette pratique a permis la création et l’enrichissement de collections qui ont façonné les muséums d’histoires naturelles modernes. Ces musées d’un genre particulier sont de véritables centres de conservation et de recherche sur le monde qui nous entoure et protègent parfois les vestiges des derniers témoins d’une espèce éteinte.

Qui pourraient croire que ces vénérables collections, bien sages sur leurs étagères, sont encore la proie de nombreux prédateurs ?

Et notamment d’un monstre juvénile mangeur de kératine aussi vorace que minuscule ?

Monstre juvénile mangeur de kératine, larve d’Anthrenus scrophulariae

Maman du monstre juvénile mangeur de kératine, adulte d’Anthrenus scrophulariae

Les dermestes et leurs descendance font trembler les conservateurs les plus aguerris et désolent les restaurateurs les plus chevronnés.
Le terme « dermeste » beaucoup utilisé dans les institutions qui conservent des collections est un terme générique qui peut désigner plusieurs espèces aux comportements identiques comme l’anthrène des tapis (Anthrenus scrophulariae L.), l’anthrène bigarré des tapis (Anthrenus verbasci L.) ou encore l’attagène des tapis (Attagenus megatoma F.). Les larves de ces espèces attaquent les fourrures, la laine, les plumes, la corne ou encore les exosquelettes des insectes : tout ce qui peut contenir de la kératine ou de la chitine. Les cuirs et tout ce qui contient de la colle animale peuvent être les proies de dermestes des peaux (Dermestes maculatus DeG.) ou des dermestes du lard (Dermestes lardarius L.).
Les collections d’histoire naturelle, et surtout les collections entomologiques sont très vulnérables à ces attaques qui sont le plus souvent aussi brutales que discrètes, rapides et irrémédiables.

 

Regardez vos collections le plus souvent possible pour vous assurer que de petites larves poilues de quelques millimètres ne vont pas ravager vos trésors. Faites le ménage très régulièrement. Isoler et limiter les accès physiques aux spécimens. Placez tout nouvel arrivant dans un local de quarantaine pour observation, etc..  : les mesures de bon sens les plus simples sont souvent les plus efficaces.