Nature #8

Rouge cinabre

Le cinabre est un minerai qui contient du sulfure de mercure(II). Purifié, le cinabre donne une fine poudre rouge, d’un ton profond et éclatant utilisé sous l’appellation générique “Vermillon” pour créer des tons rouges, oranges et roses.

Il y a juste un tout petit problème avec le Cinabre. C’est aussi et surtout le minerai duquel est extrait le mercure. C’est ce dernier qui donne au vermillon sa couleur rouge mais aussi qui le rend toxique.

Historiquement, le monde de l’art a souvent utilisé le rouge de cinabre.

Dans l’histoire de l’art asiatique, on retrouve des encres, peintures et laques teintées au rouge de cinabre. Des objets en bois recouverts d’une épaisse couche de laque teintée au vermillon font même partie des objets les plus prestigieux de l’art chinois.

Chinese carved cinnabar tray, China, Freer Study collection, Smithsonian institute.

Ces objets, à la fois visuellement forts et témoins d’une incroyable virtuosité technique, sont pourtant des sources de dangers potentiels pour les musées et les collectionneurs. Une récente étude a mis en lumière les dégagements de mercure produits par les laques asiatiques contenant du rouge de cinabre.
Les vapeurs de mercure s’accumulent dans les parties basses des meubles où ces objets sont stockés et peuvent être dangereuses pour les objets qui les entourent ainsi que pour les personnes à proximité.

Des mesures simples, comme une ventilation adéquate, peuvent suffire à éliminer les risques immédiats. Puis, à condition de prendre quelques mesures de bon sens lors des contacts directs avec les objets (port de gants jetables et de masques respiratoires pendant leur manipulation) et des mesures préventives pendant leurs expositions, ils peuvent être admirés sans risques.

Actuellement, les vrais Vermillons que l’on peut trouver dans les magasins de beaux arts sont produits différemment mais restent toxiques du fait de leur teneur en mercure. Le terme « Vermillon », à l’origine lié au rouge de cinabre, est employé depuis très longtemps déjà pour des tons de rouge tirés d’autres sources naturelles au rendu proche.

Alors, comment identifier un vrai vermillon sur un tableau de la Renaissance, par exemple ?

Venus and Adonis, Titian (Tiziano Vecellio) (Italian, Pieve di Cadore ca. 1485/90?–1576 Venice), Oil on canvas, 42 x 52 1/2 in. (106.7 x 133.4 cm), Metropolitan Museum, New-York.

Réponse : le plus souvent, ces rouges sont devenus bruns !

Les vermillons issus du Cinabre ne peuvent rester éclatants que si les pigments sont complètement exempts d’impuretés et qu’ils ont été protégés de l’oxydation.