Art #11

Malle de voyage, fin du XIXème siècle.

Une malle est une adaptation du coffre de voyage de l’Antiquité et du Moyen Âge. Plus légères, moins chères, leur production s’accroît avec le développement des moyens de transport au milieu du XIXe siècle. Par route, par mer, par rail et plus tard par les airs, voyager devient plus aisé et séduit une bourgeoisie friande d’exotisme.

Devant ce nouveau marché, les maisons de sellerie diversifient leurs activités en malleterie et maroquinerie de voyage. Quelques noms devenus prestigieux naissent alors comme Hermès en 1837 ou Vuitton en 1854.

Le début du XXe siècle jusqu’à la première guerre mondiale voit l’apogée de la production des malles de voyages ; après guerre le déclin de la production se fait au profit d’autres types de bagages, plus petits, plus aisément transportable et plus adapté au besoin des nouveaux vacanciers. Seule la production de très grand luxe existe encore ainsi que des productions spécifiques comme les « cantines » métalliques ou les malles en osier.

Une malle est un objet de voyage. À ce titre, il doit être résistant et léger. Les essences utilisés sont principalement des bois d’œuvres légers (pin, peupliers, quelques fruitiers). Les malles sont renforcées par un réseau de lattes en bois de merranderie et des ferrures qui renforcent les angles et protègent les coins. La construction des malles et le jeu des pièces entre elles en font un objet légèrement déformable : cela permet à la structure d’absorber les coups violents et les chutes sans se rompre.

Les formes et les décors varient selon les lieux de production : les malletiers séduisent leur clientèle en multipliant les effets par la « bijouterie » de leurs pièces, c’est-à-dire les éléments métalliques rapportés qui servent surtout de décor. Les productions de luxe sont facilement identifiables ; néanmoins la majorité de la production est faite de malles à prix abordables, en matériaux peu onéreux et sans un degré de finition important.

Les malles ont souvent un revêtement extérieur couvrant : de la simple toile au cuir repoussé. Il protège la structure en bois, masque les fentes que les coups peuvent provoquer et ajoute une protection hygrométrique supplémentaire au bagage.

Le revêtement qui capitonne l’intérieur protège le contenu des échardes du bois. En toile ou en papier, plus rarement en cuir, tous les goûts et toutes les bourses peuvent trouver ce qui leur convient.