Science #2

De la rouille et des hommes.

 

C’est le printemps et le beau temps revenu incite nombre d’entre nous à faire de petits travaux à l’extérieur de la maison. Tondre la pelouse, désherber le jardin, repeindre les volets ou encore poser un minium sur les grilles en métal du portail. Qui prennent un malin plaisir à rouiller aux endroits les plus improbables et surtout les plus inaccessibles.

La “rouille” est le nom commun donné à l’altération en surface des métaux ferreux (voir ici). C’est plus ou moins rouge, plus ou moins pulvérulent et toujours une mauvaise nouvelle.
C’est le signe visible que le métal a été exposé à des agressions extérieures et qu’il se transforme. Si rien n’est fait, la rouille peut petit à petit consommer le métal et réduire l’objet à l’état d’épave.

Les mécanismes de l’oxydation et de la corrosion métalliques sont complexes et différents selon les métaux et leurs compositions. Ils ont cependant une origine commune:  le seul fer “inaltérable” est le fer sous forme de minerai. Soit un mélange de diverses substances très stables ensemble mais complètement inutiles en soi pour fabriquer des objets. Il faut que le minerai soit transformé industriellement pour aboutir à un matériau ferreux utilisable.

Très contrarié par ce traitement, le fer n’aura de cesse de vouloir retourner à son état stable naturel en utilisant tous les éléments à son contact, dont l’eau de pluie et l’humidité ambiante. Et tant pis pour votre portail.

Le métal gagnera toujours le combat. Seul un entretien régulier vous permet d’en limiter les effets: le minium que vous étalez au pinceau gaine le métal et empêche l’eau de s’infiltrer pour quelques temps.
Les objets de collection ne font pas exception à la règle: aux agressions liées aux conditions dans lesquelles ils ont été trouvés (le placard d’une arrière grande tante ou enfouis sous terre), s’ajoute ceux de leurs conditions de conservation. Si l’on ne peut que traiter les premières, il est possible de maîtriser les secondes pour éviter de refaire régulièrement le même travail de restauration.

Ce travail consiste dans le plupart des cas à retirer la rouille qui s’est formée de façon mécanique (comprendre “en grattant tout doucement”) pour dégager l’épiderme de la pièce avant de la stabiliser. Et parfois, il est possible de mettre à jour des éléments qui avaient disparus comme une marque ou un poinçon.