Technique #1

Poussière, tu retourneras.

« Homme, souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. », Genèse (3,19).

Les citations incantatoires sont nombreuses pour désigner cette couche de particules hétérogènes qui se dépose partout et qui rend nerveux tous les professionnels des musées, ainsi que quiconque possède une collection à laquelle il tient. Si les dadaïstes ont pu l’incorporer dans leurs créations, la majorité d’entre nous tente l’éradication du problème à grand renfort d’aspirateur et autres lingettes.

Dans le cadre des collections de musée, l’exercice est parfois périlleux. Les techniciens utilisent une large gamme d’outils allant de la micro-aspiration au pinceau à lavis très doux en passant par un délicat souffle d’air. Tout dépend de l’objet et de sa surface: personne n’irait dépoussiérer un mandala de sable tibétain à l’aspirateur. Ou alors une seule fois…

Le dépoussiérage peut être poussé plus en profondeur par l’utilisation de gommes ou d’outils adaptés. Encore un fois, tout dépend de l’objet: gommer une esquisse au fusain du XVIIIème n’est pas toujours l’idée du siècle, tout comme utiliser une tampon humide sur une fibule romaine en métal. En revanche,  gommer légèrement un objet en plastique peut donner de bons résultats.

Si le dépoussiérage est une action courante, presque quotidienne, elle n’est pas pour autant anodine. Comme toute interaction avec une pièce à traiter, elle implique une réflexion sur son état et sa manipulation. Heureusement, la plupart du temps quelques grammes de bon sens suffisent à agir efficacement en toute sécurité.

Le traitement de la poussière est un art délicat et réfléchi. Pensez-y la prochaine fois que vous passez le plumeau sur les bibelots rapportés de vos voyages !